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Santé et bien-être

10 août 2026

Courir au soleil : comment bien protéger sa peau

Courir dehors, c’est s’exposer au soleil pendant de longues périodes, souvent bien plus longtemps qu’on ne le pense. Entre les longues sorties du dimanche matin et les entraînements en soirée qui empiètent sur les heures de fin d’après-midi, les coureurs cumulent une exposition aux rayons UV largement sous-estimée. Pour démêler le vrai du faux sur la protection solaire en contexte sportif, voici un résumé des conseils d’experts en dermatologie sur la prévention du cancer de la peau.

Le vrai problème : la crème solaire qui s’efface

Le plus grand défi pour les coureurs n’est pas de choisir un bon produit, mais de le garder efficace tout au long de l’effort. La transpiration abondante et le frottement des vêtements font disparaître une bonne partie de la protection appliquée avant le départ. C’est ce qu’on appelle l’usure « climatique » et « mécanique » de la crème solaire. La seule façon de contrer cet effet est de réappliquer régulièrement le produit ou de miser sur des moyens de protection complémentaires comme une casquette, des manches longues, des gants ou des lunettes de soleil.

Quel FPS choisir ?

Pour toute activité sportive en plein air, un facteur de protection solaire (FPS) de 50 ou plus est recommandé. Mais le chiffre du FPS ne dit pas tout : il faut aussi vérifier que le produit protège contre les rayons UVA, pas seulement les UVB. Le logo « UVA » encerclé, présent sur la plupart des emballages, permet de le confirmer rapidement.

L’erreur classique dans l’application

Les tests en laboratoire qui déterminent le FPS d’un produit sont réalisés avec une quantité précise : environ 2 mg par cm² de peau. En pratique, la plupart des gens en appliquent deux fois moins, ce qui réduit considérablement la protection réelle. On oublie aussi souvent certaines zones, comme les oreilles et le front. Le conseil est donc simple : appliquer la crème solaire en deux passes avant de sortir courir, la seconde servant justement à couvrir les zones oubliées la première fois.

Les mentions « résistant à l’eau » ou « résistant à la sueur », est-ce fiable ?

Un produit est classé « résistant à l’eau » s’il conserve la moitié de son FPS après deux périodes de 20 minutes dans l’eau, et « extra résistant à l’eau » après quatre périodes du genre. La résistance à la transpiration, elle, n’est soumise à aucun test standardisé. Mieux vaut donc ne pas se fier aveuglément à ces mentions et réappliquer la crème après chaque épisode de transpiration abondante ou de baignade.

Faut-il attendre 20-30 minutes avant de sortir ?

Oui, mais pas pour la raison qu’on croit généralement. Ce délai ne veut pas dire que le produit est inefficace avant ce temps : il permet plutôt aux composants volatils (eau, alcool) contenus dans la formule de s’évaporer, pour que le produit adhère bien à la peau.

Le bronzage protège-t-il suffisamment ?

Non. Le bronzage est bien un mécanisme de défense naturel de la peau contre les UV, mais son pouvoir protecteur reste très faible. Même bronzé, il faut continuer à utiliser un écran solaire à indice élevé pour les activités sportives en plein air.

Et la vitamine D dans tout ça ?

Une crainte fréquente est qu’une protection solaire trop efficace nuise à la production de vitamine D. En réalité, les écrans solaires ne bloquent jamais complètement les rayons UV, et ils sont rarement appliqués en quantité suffisante pour atteindre le FPS indiqué sur l’étiquette. Résultat : la peau continue à en produire, même protégée. Comme la capacité à synthétiser la vitamine D diminue avec l’âge, un supplément reste une option simple en cas de besoin.

Reconnaître les signes de dommages cutanés

Les zones les plus touchées par les dommages liés au soleil sont le visage, les oreilles, le crâne (chez les personnes chauves), le décolleté, les avant-bras et le dos des mains — précisément les zones les plus exposées en course à pied. Ces dommages se traduisent d’abord par des taches brunes et blanches, puis par des signes de vieillissement cutané plus marqués, avant de pouvoir évoluer, dans certains cas, vers un cancer de la peau.

Les nanoparticules dans les crèmes solaires sont-elles à craindre ?

Contrairement à une inquiétude répandue, les filtres sous forme de nano ou microparticules ne peuvent pas pénétrer la couche supérieure de la peau : ils sont trop volumineux pour cela, contrairement aux molécules filtrantes dissoutes. Ces produits comptent d’ailleurs parmi les plus fiables sur le marché.

Les vaporisateurs solaires, une bonne idée ?

Pas vraiment. Une bonne partie du produit se perd dans l’air au moment de la vaporisation, plusieurs formules contiennent des composants qui s’évaporent rapidement en laissant le produit concentré seulement par endroits, et malgré la promesse d’application rapide, il faut généralement quand même l’étaler à la main pour une couverture uniforme.

En résumé

La protection solaire en course à pied n’est pas qu’une question de FPS élevé : c’est une combinaison de bons réflexes, application généreuse et répétée, vêtements couvrants, casquette et lunettes, et d’une bonne dose de scepticisme envers certaines idées reçues (le bronzage qui protégerait, la crème qui bloquerait la vitamine D, ou les vaporisateurs qui feraient gagner du temps). Pour les coureurs qui s’entraînent régulièrement en plein soleil, ces détails, appliqués de façon constante, font une réelle différence à long terme.

Source

  • Inspiré, tarduit et adapté de Lombardi, Francesco : « Sun protection and running – Expert tips«  publié dans me
  • Inspiré, traduit et adapté de Connor, Sarah : “The Best Sunscreens for Runners Who Hate Greasy Skin and Stinging Eyes” publié dans com le 21 mars 2026.
  • Inspiré, traduit et adapte de Walker, Ron : “Sun Protection for Runners in 2026: The Complete Training Guidepublié dans uv-blocker.com le 10 février 2026.