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Communauté et culture

9 mars 2026

La femme d’aujourd’hui en course à pied : courir pour exister

Courir, pour une femme, n’est plus seulement une affaire de chronos ou de médailles. C’est un acte intime, puissant, parfois silencieux, qui se glisse entre deux obligations, avant l’aube ou après le tumulte du jour. C’est un espace qu’elle s’offre, un souffle qu’elle reprend, une manière de dire « je suis là » — d’abord pour elle-même.

La coureuse d’aujourd’hui n’a rien d’un modèle figé. Elle est multiple, authentique, parfois fatiguée, souvent déterminée, toujours résiliente. Elle avance avec ses forces et ses doutes, transformant chaque foulée en affirmation de soi. Elle n’a pas besoin d’être parfaite pour être inspirante : elle est vraie, et c’est là que réside sa puissance.

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous célébrons dans ce blogue la femme — et tout particulièrement celle qui court. Celle qui avance malgré les obstacles, qui se choisit à travers chaque pas, qui fait de la course un espace de liberté, de courage et d’existence.

De pionnières à anonymes inspirantes : la femme qui court, hier et aujourdhui

Il fut un temps où l’idée qu’une femme puisse courir un marathon soulevait scepticisme et controverse. La ligne de départ n’était pas seulement sportive : elle était sociale.

En 1967, Kathrine Switzer prend le départ du Marathon de Boston sous les initiales K.V. Switzer. Un officiel tente de la sortir de la course. Elle termine malgré tout. L’image devient symbole. Ce jour-là, ce n’est pas seulement une athlète qui franchit la ligne d’arrivée : c’est une frontière qui recule.

Les années suivantes marquent des avancées décisives. Grete Waitz domine le Marathon de New York à neuf reprises. En 1984, Joan Benoit Samuelson devient la première championne olympique du marathon féminin à Los Angeles. La reconnaissance institutionnelle suit enfin le courage des pionnières.

Au Québec, Jacqueline Gareau voit sa victoire au Marathon de Boston en 1980 d’abord éclipsée par une fraude avant d’être officiellement reconnue. Son histoire incarne la persévérance et la dignité face à l’injustice.

Depuis, des athlètes comme Brigid Kosgei ou Courtney Dauwalter repoussent les limites de l’endurance. Leur performance n’est plus une revendication : elle est une évidence.

Ces femmes ont ouvert la voie. Leur héritage ne se mesure pas seulement en records, mais dans les rues, les parcs et les sentiers où courent aujourd’hui des millions de femmes.

La transition silencieuse : de lexception à la normalité

Ce qui était autrefois exceptionnel est devenu ordinaire.

La présence féminine dans les courses populaires atteint désormais des niveaux proches — et parfois supérieurs — à la parité dans plusieurs régions, y compris au Canada et au Québec. La femme qui court n’est plus une curiosité : elle fait partie du paysage.

Les pionnières ont dû prouver qu’elles en étaient capables. Les femmes d’aujourd’hui n’ont plus à demander la permission. Elles courent parce que cela fait partie de leur vie.

Le visage actuel de la course au féminin

Contrairement aux stéréotypes de performance, la majorité des femmes qui courent aujourd’hui ne visent pas le podium. Leurs motivations sont multiples et profondément personnelles :

  • préserver leur santé physique et mentale
  • créer un espace dans un quotidien chargé
  • gérer le stress et la charge mentale
  • retrouver confiance et autonomie
  • maintenir un équilibre

La course devient un lieu d’ancrage. Un moment où l’on se retrouve seule avec son souffle, ses pensées, son rythme.

 

La femme ordinaire : moteur dune révolution durable

 La véritable évolution ne se situe pas uniquement dans les exploits spectaculaires. Elle s’observe dans les gestes simples.

Dans cette mère qui enfile ses chaussures avant que la maison ne s’éveille.
Dans cette professionnelle qui court entre deux réunions.
Dans celle qui commence à 45 ans sans objectif chronométrique.
Dans celle qui revient à la course après une épreuve personnelle.

Elles ne sont pas des icônes médiatisées. Pourtant, elles incarnent l’aboutissement du combat mené par celles qui les ont précédées.

Si Kathrine Switzer a couru pour ouvrir une porte, les femmes d’aujourd’hui la franchissent sans hésiter.
Si Jacqueline Gareau a dû défendre sa victoire, la femme ordinaire défend surtout son temps, son équilibre, sa constance.

La course n’est plus un acte de défi. Elle est devenue un acte d’appropriation.

Les défis qui persistent

Malgré les progrès réalisés, certains défis demeurent. De nombreuses femmes doivent encore adapter leurs trajets ou leurs horaires pour des raisons de sécurité. La visibilité médiatique reste inégale. Et pendant longtemps, la recherche en sciences du sport s’est appuyée presque exclusivement sur des modèles masculins, laissant peu de place aux réalités physiologiques féminines.

Ces obstacles existent. Mais ils ne freinent pas l’élan.

Les femmes sont présentes au départ des courses, dans les clubs, sur les sentiers et sur les podiums. Par leur constance et leur engagement, elles contribuent à faire évoluer les mentalités et à élargir l’espace pour celles qui suivent.

Le mot de la fin

En cette Journée internationale des droits des femmes, retenons ceci : courir n’est plus une revendication, mais une expression.

Pour beaucoup, la course à pied représente bien plus qu’un entraînement. Elle devient un ancrage dans des vies souvent chargées, un espace de clarté au milieu des responsabilités. Elle permet de mesurer sa force non pas dans le regard des autres, mais dans sa propre régularité.

La femme qui court ne cherche pas toujours la reconnaissance. Elle avance tôt le matin, entre deux obligations, parfois malgré la fatigue. Elle progresse à son rythme — lentement ou avec puissance — mais toujours avec intention.

Les pionnières ont ouvert la voie. Aujourd’hui, chaque femme qui lace ses chaussures poursuit cette histoire à sa manière.

Tant qu’elles continueront d’avancer, la course restera bien plus qu’un sport.
Elle demeurera un territoire de confiance, de liberté et d’affirmation — profondément inscrit dans le quotidien.

Sources:

  • Inspiré, traduit et adapté de Young, Sabina : “The Many Faces of Canadas Females Who Run” publié dans ca le 05 février 2025.
  • Inspiré, traduit et adapté de Robinson, Roger : “ The history of womens running: The Canadian women who dared to break through” publié dans ca le 08 mars 2016.
  • Inspiré traduit et adapté de Benton, Emilia : “Women empowering women through running: Women’s History Month 2022” publié dan com le 17 mars 2022.
  • Inspiré, traduit et adapté de Robinson, Betty: “13 Women Who Changed Running Historypublié dans outsideonline.com le 03 septembre 2024.
  • Inspiré et adapté de:“Les Femmes et la Course à Pied : Une Puissance en Mouvement” publiée dans fr le 27 août 2025.
  • Inspiré de Lefèvre, Sandrine : “Running : les femmes sont dans la course” publié dans com le 06 avril 2018.